Avec un score de 12,5 sur 17 (soit 14,7 sur 20), stable depuis 2023, l’enquête menée par la Banque de France avec CSA, dans le cadre des travaux de l’OCDE, montre que les nouveaux entrepreneurs disposent d’un niveau globalement satisfaisant de culture financière.
Cette moyenne encourageante met toutefois en évidence des écarts entre profils et certaines marges de progression. Ces résultats contribuent à orienter les actions de la stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière - EDUCFI en direction des entrepreneurs.
Un socle de connaissances et de pratiques globalement solide
Dans l’ensemble, les entrepreneurs de moins de cinq ans d’activité maîtrisent les bases de la gestion financière. Ils sont en capacité de suivre leur activité, de gérer leur trésorerie et de prendre des décisions adaptées.
Certaines notions restent cependant à approfondir, notamment :
- la compréhension des fonds propres,
- le rendement de l’actif,
- et la connaissance des dispositifs d’aides financières.
Par ailleurs, l’enquête montre un recul du recours à la formation : un peu plus d’un dirigeant sur deux (56 %) déclare se former en cas de besoin, contre 65 % en 2023. Ce point constitue un levier important pour renforcer les compétences financières.
Des différences selon le profil et la situation de l’entreprise
Le niveau de culture financière varie selon plusieurs facteurs :
La présence de salariés apparaît comme un élément structurant : les dirigeants employeurs présentent, en moyenne, un niveau de maîtrise plus élevé que les travailleurs indépendants. Cela s’explique par des besoins de gestion plus complexes.
L’ancienneté de l’entreprise joue également un rôle. Les entrepreneurs en phase de démarrage affichent un niveau légèrement supérieur, ce qui traduit l’importance des questions financières au moment de la création.
Le niveau de formation initiale a aussi une influence : plus il est élevé, plus les connaissances financières sont solides.
Un écart femmes-hommes qui appelle une attention particulière
L’enquête met en évidence un écart persistant entre femmes et hommes. Les dirigeantes présentent un niveau légèrement inférieur en moyenne.
Cet écart concerne en particulier :
- le sentiment d’aisance dans les démarches de financement,
- certaines connaissances techniques.
Dans le même temps, les femmes entrepreneures se distinguent par des pratiques positives : elles sont souvent plus attentives aux enjeux éthiques, plus prudentes dans leurs décisions et davantage dans l’anticipation.
Des évolutions contrastées selon les secteurs d’activité
Les résultats sont globalement stables d’un secteur à l’autre. Une évolution positive est toutefois observée dans le secteur agricole, en progression par rapport à la précédente enquête.
Des enseignements pour mieux accompagner les entrepreneurs
Ces résultats permettent d’identifier des priorités d’action pour la stratégie EDUCFI.
Une attention particulière peut être portée :
- aux travailleurs indépendants,
- aux femmes entrepreneures,
- et à certains secteurs d’activité.
Le renforcement de la culture financière passe notamment par :
- une meilleure diffusion des connaissances clés,
- une information plus accessible sur les aides disponibles,
- et le développement de l’accès à la formation.
La culture financière des nouveaux entrepreneurs est globalement satisfaisante et stable, mais des marges de progression subsistent. Le développement de compétences financières constitue un levier essentiel pour sécuriser les parcours entrepreneuriaux et accompagner la croissance des entreprises.
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